LE PORTRAIT, MIROIR D’UNE COMPLEXITE

En portrait, on cherche à représenter une personne et à mettre en évidence un aspect de sa personnalité. Différents angles d’approche sont possibles, et au delà d’une photo frontale en cadrage américain ou de plein pied, on peut expérimenter beaucoup de choses.

Ici on pourrait qualifier cette photo de portrait « non-conventionnel ». En effet le cadrage s’émancipe des contraintes habituelles du portrait et embrasse des formes différentes. On peut ainsi mettre l’accent sur un trait ou une expression singulière.

En photo comme dans d’autres disciplines, on ne peut pas tout raconter. Et un individu ou un sujet recèlent une multitude de caractéristiques et d’attributs individuels particuliers. Il faut choisir ceux que l’on souhaite révéler.

Le regard et le rictus de Pauline ici sont mis en avant, et d’autres aspects de son visage et ce qu’ils renvoient sont ainsi éludés. Ce cadrage non-conventionnel permet de mettre en évidence une expression qui la caractérise particulièrement. Pauline parle peu mais bien. Elle va droit au but et ne s’embarasse pas avec les protocoles langagiers. A mons sens ce portrait le met en évidence, et les personnnes qui la connaissent devraient je l’espère, retrouver sur cette photo ce trait particulier de sa personnalité.

SHOOT LIKE W. EGGLESTON

Quoi de plus irresistible que de copier son maître ? Les jeunes footeux admirent et miment Lionel Messi, et les guitaristes singent Hendrix. C’est dans l’ordre des choses. Pour ma part j’ai admiré et admire toujours les photos de William Eggleston, sa pertinence artistique dans le choix de ses sujets, dans la façon dont il les photographiait, les couleurs et les tons qu’il produisait. Il fût l’un des premiers à employer la couleur dans la photographie, et son arrivée dans le monde de la photo a beaucoup froissé les puristes du noir et blanc à l’époque qui considéraient son art comme vulgaire et sans intérêt. Et puis il s’est imposé comme un artiste majeur. J’ai souvent bavé sur ses images de l’Amérique reculée des années 70. Son intérêt pour le banal, le vernaculaire, le « rien » m’a fasciné et me fascine toujours. J’aurais voulu comme bien d’autres être le premier à transformer une banale ampoule de plafond en image d’art, ou le contenu d’un congélateur en objet artistique débattu. Eggleston s’attacha toute sa vie artistique à photographier les trottoirs de Memphis, les parkings de supermarché ou les canettes de Coca-Cola. Finalement je trouve son travail et son approche de la photo plutôt « punk », malgré son costard légendaire et sa collection de Leicas. Aujourd’hui, shooter une rangée de caddies ou comme ici un étalage de cannettes ne recouvre plus la même impertinence qu’en 1971. Mais je le fais quand même, sans autre espoir qu’en faire un sujet d’article de blog, ou simplement pour me faire plaisir. Après tout, la photo c’est aussi une partie de plaisir.
photographe orne

MON PORTFOLIO

Je présente ici un aperçu de mon travail à travers ce portfolio. Je vous laisse découvrir celui-ci en espérant qu’il soit suffisament fidèle à ma pratique de la photo.